Tribulations d’un édifice du culte à Boisfort

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAEn 1282, le duc Jean I, le vainqueur de Woeringen, fit construire une chapelle en l’honneur de Saint-Hubert, le patron des chasseurs. Des messes y sont célébrées par Jean, curé de Forest, nommé chapelain de Boitsfort. Les souverains Albert et Isabelle ordonnent à partir de 1407 la célébration d’une messe quotidienne par un religieux de l’abbaye de Coudenberg.
Plus tard, quand le Consulat rétablit la liberté des cultes, la chapelle Saint-Hubert, qui entretemps avait été convertie en maison particulière, fut rachetée par la fabrique d’église. Sous le mayorat de Théodore Verhaegen (1825-1836), la vieille chapelle ducale était presque en ruines. L’Administration communale décida d’en construire une autre à proximité de la Maison Haute. Commencée en 1827, elle fut achevée en 1833.
La nouvelle église, inaugurée le 24 septembre 1833 fut appelée Sainte-Philomène par la Vox populi. En réalité l’église – tout comme sa seule cloche – est consacrée à Saint-Hubert. La dénomination « Église Saint-Hubert » figure sur tous les documents de la Fabrique d’Église, ainsi que dans les carnets de mariages.

La construction de l’édifice fut une entreprise considérable pour une petite commune rurale aux finances limitées. Le bourgmestre Verhaegen se mit en devoir de rassembler les fonds nécessaires. « J’ai dû m’occuper moi-même, écrivait Verhaegen au gouverneur du Brabant, de toute la construction ; faire cuire les briques, prendre les ouvriers, envoyer chercher la chaux à Sombreffe et m’occuper des moindres choses. Aussi on y a dépensé 10.000 florins, moitié de la valeur actuelle. »

Le transport de la chaux vive est assuré par des fermiers de Boitsfort, des maîtres-maçons locaux fournissent gratuitement les journées de travail. Il a demandé aux artisans et gens de métiers locaux d’offrir certaines prestations à titre bénévole. Il obtient de M. Morel, Directeur de la Société Générale propriétaire de la forêt de Soignes, le don de « quelques chênes dépérissant qui pourraient être employés pour la charpente de l’édifice » pour une valeur de 800 florins. Il demande enfin aux autorités provinciales l’autorisation de récupérer des pierres qu’il a vu traîner le long de la chaussée de La Hulpe pour paver le parvis de l’église.
Son style est caractéristique des églises construites en Belgique sous le régime hollandais, des églises sans transept avec une nef centrale voûtée en berceau d’un seul tenant et un chœur en abside, éclairés par des grandes baies en demi-lune.
L’installation de cette nouvelle église fut complétée le 7 juillet 1839 par le placement d’une cloche et la construction d’un presbytère au bord de la Woluwe près de la chaussée d’Auderghem.
La construction du boulevard du Souverain a fait apparaître la nécessité de prolonger cette voie de communication jusqu’à la chaussée de La Hulpe pour compléter cette nouvelle liaison routière entre Woluwe et Bruxelles, ce sera l’avenue Delleur mise en service en 1906. A mi-chemin de son parcours, il fut décidé par la Commune de construire une nouvelle église pour remplacer l’église Sainte-Philomène dont l’état laissait à désirer.
La construction débuta en 1913. Les évènements de 1914 mirent un frein à sa construction. Les travaux reprirent en 1919. En 1924, une première partie du nouveau sanctuaire dédié à Saint-Hubert fut livrée au culte. La construction n’était pas achevée, il s’agissait de la tour terminée jusqu’aux abat-son et des nefs centrales et latérales. Les travaux furent poursuivis pour s’achever en 1931.
L’église se compose d’une tour de 85 mètres, d’un transept de 39 mètres et d’un chœur qui donne à l’ensemble une longueur de 71 mètres.

 

D’après un travail du  cercle d’histoire de W.B. fourni par Daniel Schuermans

 

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.